lundi 19 mars 2007

Une exception américaine

En s'appuyant sur les recommandations de l'Organisation Internationale du Travail, sur le pacte mondial des Nations Unies, sur des principes définis par l'OCDE et sur la Déclaration des Droits de l'Homme, des multinationales se sont engagées en faveur de la responsabilité sociale des entreprises. Sur les 55 accords cadres internationaux signés dans le monde, un seul l'a été aux Etats-Unis par le groupe agroalimentaire Chiquita qui fait ainsi figure d'exception américaine. Or, cette compagnie vient de se voir contrainte par le département US de la Justice à un compromis qui va lui coûter 25 millions de dollars. Il s'avère que Chiquita a financé des groupes paramilitaires colombiens ayant commis des crimes contre des civils, étant impliqués dans des trafics de drogue et inscrits par Washington sur la liste des organisations terroristes. Certes, Chiquita - tout en reconnaissant les faits - affirme n'avoir agi que pour protéger ses employés et souligne avoir informé spontanément la justice américaine des paiements. Après tout, la bonne fois de ses dirigeants a pu être abusée. Il n'empêche: l'affaire fait désordre et jette le trouble sur l'image éthique que Chiquita pensait se donner en s'inscrivant parmi les 55 signataires des accords cadres internationaux. Pour autant, il ne faudrait pas mettre en doute les efforts des 54 autres. Mieux vaut considérer le faux-pas de la cinquante cinquième comme...une exception.


An American Exception

Following the recommendations from the International Labour Organisation, the United Nations-backed International Treaty, the principles set by the l'OECD and the declaration of Human Rights, some multinationals have committed themselves in favour of the social responsibility of companies. Out of the 55 international agreements signed around the world, only one was signed in the United States by the food group Chiquita which thus becomes the American exception. Now, this company has just been constrained by the US Justice Department to a compromise that will cost it 25 million dollars. It turns out that Chiquita has funded Columbian paramilitary groups that have committed crimes against civilians, have been involved in drug trafficking and are listed as terrorist organizations by Washington. Indeed, Chiquita – while admitting the facts – claims it only acted to protect its employees and states that it has spontaneously told the American justice about the payments. After all the good faith of its leaders might have been mislead. Nevertheless: This does not look good and blurs the ethical image Chiquita thought to give itself when being one of the 55 signatories of the international agreements. However, one should not doubt the efforts of the other 54. It is best to consider the faux-pas of the fifty-fifth one to be …an exception

mercredi 14 mars 2007

Nourrir et protéger la planète

Pour la première fois depuis vingt-cinq ans la Banque Mondiale va consacrer son rapport à l'agriculture. La planète se trouve en effet confrontée à une impérieuse nécessité: sur les six milliards et demi de personnes qui la peuplent aujourd'hui, 30% sont mal nourries et une sur huit souffre carrément de la faim. Or, en 2025 le monde comptera près de huit milliards d'habitants et en 2050 plus de neuf milliards. Et de plus en plus une partie des récolte sera consacrée à des utilisations non-alimentaires pour amortir le déclin relatif de la production pétrolière. Ce n'est pas tout: il va aussi falloir assumer les conséquences du réchauffement climatique. Quelle que soit l'ampleur de l'élévation des températures il faut s'inquiéter dès maintenant de gérer les ressources en eau, de résister aux extensions de la sécheresse, de contrebalancer la réduction corrélative des rendements, tout en luttant contre l'émission des gaz à effet de serre. Nourrir et protéger dans le même temps la planète, c'est un défi majeur pour une économie responsable. Ce sera le thème des Rencontres internationales organisée en octobre 2008 à Lille dans le cadre du Forum Mondial de l'Economie Responsable. J'ai bien dit "octobre 2008". Car cette année, vous le savez, les Rencontres internationales qui auront lieu du 23 au 25 octobre (2007, donc) seront consacrées à la diversité et à l'égalité des chances pour l'emploi. Mais dans le cycle de quatre ans qui est celui de notre Forum, il faut savoir se préoccuper en permanence de tous les problèmes.


Feeding and protecting the planet

For the first time in twenty-five years, the World Bank will dedicate its report to agriculture. The planet is indeed faced with an urgent necessity: 30% of the six and a half billion people living today are undernourished and one out of eight definitely suffers from hunger. In 2025 the world population will total almost eight billion people and over nine billion in 2050. More and more crops will be used for non-food products to compensate the relative decrease in petroleum production. And that is not all: we will have to assume the consequences of global warming. Whatever the temperature increase might be one must start as of today, managing water resources, fighting the spread in droughts, offsetting the correlative decrease in yields as well as fighting against greenhouse gas emissions. Feeding and protecting the planet is a major challenge for a socially and environmentally responsible economy. It will be the theme of the International meeting organised in Lille in October 2008 as part of the Social and Environmental Responsibility World Forum. I really said “October 2008”. Indeed this year, as you all know, the International meeting which will take place from 23rd to 25th October (2007) will be dedicated to diversity and equal employment opportunity. But in the four-year cycle, which is that of our Forum, one has to continually be concerned with all problems.

samedi 10 mars 2007

Exemple unilatéral

Un bon point pour les 27 pays de l'Union européenne qui ont décidé de réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020. En prenant unilatéralement cet engagement vertueux, l'Europe se montre significativement volontariste. Et elle incite d'autres puissances économiques (telles que les Etats-Unis ou la Chine) à la rejoindre dans l'effort. En prime, elle promet que si celles-ci s'y mettent, elle fera passer son objectif de 20% à 30%. Cette démarche concrète qui montre l'exemple au reste de la planète prend ainsi valeur de symbole: si c'est possible en Europe, pourquoi pas partout dans le monde?


Unilateral example

A point in favour of the 27 European Union countries that have decided to reduce their greenhouse gas emission by 20% by 2020. By unilaterally making this virtuous commitment, Europe is seen as being truly voluntarist. And it incites other economic powers (such as the United States) to join it in that effort. Furthermore, it has promised that if they do so, it will increase its objectives from 20% to 30%. This concrete approach which shows the way to the rest of the world has thus become symbolic : if it is possible in Europe why not everywhere else in the world ?