mercredi 26 septembre 2007

Leçons de choses

Il y en a qui disent, il y en a qui font. Il y a des leçons qui sont administrées dans de grands et beaux discours (certes nécessaires). Et il y a des leçons de choses qui viennent des actes.

Le patron de Philips, Gerard Kleisterlee, annonce que son groupe va investir un milliard d'euros en cinq ans pour développer des innovations écologiques. Il prévoit de réduire encore la consommation d'énergie et la production de déchet. Mais il entend également lancer des appareils électroniques plus "verts" avec l'intention de se doter ainsi d'un avantage compétitif lui permettant de se différencier de ses concurrents...et ainsi de les distancer. Voilà donc un chef d'entreprise qui concilie busines et écologie, car comme il l'affirme tranquillement, Philips veut croître et prospérer tout maîtrisant l'impact de ses activités sur l'environnement. C'était notre leçon du jour sur ce que peut être une économie responsable. Une leçon de choses, comme on vous le disait...


Nature study

Some of us talk, some of us act. Some things are learnt through long and beautiful speeches (necessary of course) and some through acts.

The head of Philips, Gerard Kleisterlee, stated that his group will invest a billion euros over a five-year period to develop environmental innovations. He plans to further reduce energy consumption and waste production. But he also intends to launch greener electronic products so as to gain a competetitive advantage which will differentiate him from its competitors... and thus overtake them. Here is a manager that reconciles business and ecology, because as he calmly states, Philips wants to grow and prosper while controling the impact of its activity on the environment. This was today’s lesson on what responsible economy can be. A Nature study as we had told you...

lundi 17 septembre 2007

CAC 40

L'irresponsabilité sociale (ou "sociétale") est dangereuse pour l'entreprise. "Ils" estiment à 93% qu'un défaut de responsabilité nuit à l'image et à la réputation de l'entreprise; 73% redoutent une perte de compétitivité et 55% s'inquiètent de l'évolution du cours de bourse dans de telles circonstances. Qui sont-"ils"? Des moralisateurs utopiques? Des altermondialistes militants? Des universitaires férus d'éthique? Vous n'y êtes pas. Ces jugements de conscience émanent...des administrateurs des sociétés composant le CAC 40. PricewaterhousCoopers a mené une enquête auprès de 440 de ces administrateurs. Le résultat de cette étude commandée par l'Institut Français des Administrateurs montre combien le sujet est désormais pris au sérieux. A une écrasante majorité "ils" affirment que la responsabilité sociétale est, à long terme, un facteur de développement pour l'entreprise. A long terme, bien sûr, mais la plus grande qualité des dirigeants n'est-elle pas de prévoir et de voir loin? La démonstration est ainsi faite, en tout cas, que la responsabilité sociale et environnementale n'est pas un "gadget" mais au contraire un enjeu stratégique pour l'économie. Nous remercions les administrateurs du CAC 40 de leur contribution au débat...


CAC 40

Social (or societal) responsibility is dangerous for companies. 93% of “them” feel that a lack of responsibility is negative for the image and name of the company; 73% fear to lose competitivity and 55% are worried about the way stock prices go in such cases. Who are “they”? Moralizing utopians? Environmental activists? Ethics academics? You have not got it. These thoughts are those of …. CAC 40 directors. Pricewaterhouse Coopers surveyed 440 directors. The result of the survey, commissioned by the Institut Français des Administrateurs, truly shows how serious “they” feel this is. A crushing majority of “them” state that societal responsibility is, in the long term, a factor of development for companies. In the long term, of course, but are planning and forsight not the main qualities of managers? This proves anyway that social and environmental responsibility is not a “gimmick” but quite a strategic challenge for the economy. We thank CAC 40 directors for their contribution to the discussions...

dimanche 9 septembre 2007

Efficacité et régression

La globalisation n'induit pas un monde économique uniforme où toutes les entreprises de la planète seraient gérées selon le même modèle. Le Japon est en train de s'en convaincre. Après avoir appliqué les recettes de la déréglementation en vogue dans les deux dernières décennies, le pays s'interroge sur cette "rupture" avec sa tradition. Selon l'économiste Toshiaki Tachibakini (cité par le journal "Le Monde" du 8 septembre 2007), le Japon doit aujourd'hui "se poser la question de l'équilibre entre l'inégalité comme facteur d'efficacité, stimulant la compétition, et l'inégalité comme facteur de régression, réduisant par exemple l'accès à l'éducation de jeunes en raison de la diminutiuon des revenus des parents". Des jeunes moins formés, c'est une main d'oeuvre moins compétente, donc une économie moins compétitive. C'est en tout cas ce que pense le patronat nippon qui tend à revenir à des méthodes de gestion plus conformes à l'esprit japonais. Les entreprises ont en effet constaté des défaillances dans la qualité de leurs produits qu'elles attribuent au recours à des salariés temporaires remplaçant des effectifs stables. Première leçon: ce qui est supposé marcher d'un côté de l'océan Pacifique n'est pas nécessairement adaté au peuple d'un autre côté. La diversité, c'est aussi cela: admettre des modes de fonctionnement et de développement différents selon les régions du globe. L'efficacité économique dépend du respect des identités. Deuxième leçon: au Japon comme ailleurs, on prend de plus en plus conscience des limites d'une recherche de profit à court terme, faisant peu de cas des personnes. Ce n'est pas par la régression sociale que s'améliore l'efficacité des entreprises. Bien au contraire.


Efficiency and regression

Globalisation does not lead to a uniform economic world where all companies on earth are managed in the same way. After having applied the deregulation recipes in fashion over the last two decades the country is wondering about this “break” from its tradition. According to the economist Toshiaki Tachibakini (quoted by the newspaper “Le Monde” 8 September 2007), today Japan must “think about the balance between inequality as a factor of efficiency, enhancing competition, and inequality as a factor of regression, reducing for instance access to education for young people from lower income families”. Less educated young people lead to a less skilled workforce and thus a less competitive economy. It is, anyway, what Japanese managers think as they tend to go back to more traditional Japanese management methods. Companies have indeed noticed faults in their product quality which they feel are due to casual workers replacing stable staff. First lesson: What works on one side of the Pacific Ocean does not necessarily work for people on the other side. Diversity is also that: accepting to work and develop differently in different parts of the world. Economic efficiency is linked to respecting identities. Second lesson: In Japan as elsewhere, the limits of looking for short term profit with little consideration for people are becoming increasingly obvious. Business efficiency does not improve through social regression. Quite the contrary.