Efficacité et régression
Par Philippe Vasseur, dimanche 9 septembre 2007 à 18:55 :: General :: #31 :: rss
La globalisation n'induit pas un monde économique uniforme où toutes les entreprises de la planète seraient gérées selon le même modèle. Le Japon est en train de s'en convaincre. Après avoir appliqué les recettes de la déréglementation en vogue dans les deux dernières décennies, le pays s'interroge sur cette "rupture" avec sa tradition. Selon l'économiste Toshiaki Tachibakini (cité par le journal "Le Monde" du 8 septembre 2007), le Japon doit aujourd'hui "se poser la question de l'équilibre entre l'inégalité comme facteur d'efficacité, stimulant la compétition, et l'inégalité comme facteur de régression, réduisant par exemple l'accès à l'éducation de jeunes en raison de la diminutiuon des revenus des parents". Des jeunes moins formés, c'est une main d'oeuvre moins compétente, donc une économie moins compétitive. C'est en tout cas ce que pense le patronat nippon qui tend à revenir à des méthodes de gestion plus conformes à l'esprit japonais. Les entreprises ont en effet constaté des défaillances dans la qualité de leurs produits qu'elles attribuent au recours à des salariés temporaires remplaçant des effectifs stables. Première leçon: ce qui est supposé marcher d'un côté de l'océan Pacifique n'est pas nécessairement adaté au peuple d'un autre côté. La diversité, c'est aussi cela: admettre des modes de fonctionnement et de développement différents selon les régions du globe. L'efficacité économique dépend du respect des identités. Deuxième leçon: au Japon comme ailleurs, on prend de plus en plus conscience des limites d'une recherche de profit à court terme, faisant peu de cas des personnes. Ce n'est pas par la régression sociale que s'améliore l'efficacité des entreprises. Bien au contraire.
Efficiency and regression
Globalisation does not lead to a uniform economic world where all companies on earth are managed in the same way. After having applied the deregulation recipes in fashion over the last two decades the country is wondering about this “break” from its tradition. According to the economist Toshiaki Tachibakini (quoted by the newspaper “Le Monde” 8 September 2007), today Japan must “think about the balance between inequality as a factor of efficiency, enhancing competition, and inequality as a factor of regression, reducing for instance access to education for young people from lower income families”. Less educated young people lead to a less skilled workforce and thus a less competitive economy. It is, anyway, what Japanese managers think as they tend to go back to more traditional Japanese management methods. Companies have indeed noticed faults in their product quality which they feel are due to casual workers replacing stable staff. First lesson: What works on one side of the Pacific Ocean does not necessarily work for people on the other side. Diversity is also that: accepting to work and develop differently in different parts of the world. Economic efficiency is linked to respecting identities. Second lesson: In Japan as elsewhere, the limits of looking for short term profit with little consideration for people are becoming increasingly obvious. Business efficiency does not improve through social regression. Quite the contrary.
Philippe VASSEUR, Président actuel d’Alliances a une triple expérience des responsabilités exercées :
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