jeudi 22 novembre 2007

Une banque pour l'environnement mondial

Nouveau directeur de l'Ecole d'Economie de Paris, François Bourguignon était, il y a peu encore, économiste-en-chef et premier vice-président de la Banque Mondiale (dont il reste conseiller indépendant). Son dernier rapport au sein de cette institution porte sur "les dédis du développement global". De nombreuses idées ressortent de cet important travail. J'en retiens deux parmi d'autres qui justifient pleinement le thème retenu par le Forum Mondial de l'Economie Responsable pour ses Rencontres Internationales des 9, 10 et 11 octobre 2008: "nourrir et protéger la planète". 1 - François Bourguignon est convaincu qu'une lourde erreur a été commise par la collectivité internationale en ne considérant l'agriculture que comme un "résidu du développement". Son rapport préconise au contraire des politiques agricoles spécifiques. La baisse des stocks et la flambée des cours donnent une actualité et une acuité particulières à de tels propos. 2 - François Bourguignon douche quelques unes de nos espérances, voire de nos illusions, en soulignant que les pays émergents ne ralentiront pas leur croissance pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Plutôt que de leur demander - en vain - de freiner leur expansion, il estime qu'il faut les aider à adapter leur production énergétique. Autrement dit, il suggère de convaincre les pays émergents qu'ils peuvent améliorer leurs performances économiques en respectant l'environnement. Pour cela, il faut mettre de l'argent sur la table. Si on suit ce raisonnement tout à fait sensé, la Banque Mondiale doit devenir la banque de l'environnement de la planète. Voilà une proposition concrète dont la réalisation permettrait d'impliquer tous les pays du monde dans la lutte contre les émissions de CO2. Les pays émergents auraient les moyens d'être écologiquement meilleurs à la condition que les pays développés financent l'opération. L'intention est excellente. Reste à passer aux actes.


A bank for world environment

François Bourguignon, the new Ecole d’Economie de Paris manager, was only a little while ago the chief economist and first vice-president of the World Bank (for which he is still is an independent advisor). His last report for this organization was on the “failures of world development”. This major work brings out many ideas. I feel two of them, among many others, fully justify the theme for the 9th, 10th and 11th October 2008 Social and Environmental Responsibility World Forum International meetings: “Feed and protect the planet”. 1 – François Bourguignon is convinced that a major mistake was made by the international community in thinking that agriculture was no more than a “developmental residue”. His report puts forward, on the contrary, the need for specific agricultural policies. The decrease in stocks and the sudden rise in prices make his statements all the more relevant. 2 - François Bourguignon douses some of our hopes, if not our illusions, when saying that developing countries will not slow down their growth to reduce the production of greenhouse gases. Rather than asking them – in vain – to reduce their growth, he feels they should be helped to adapt their energy production. In other words, he suggests we convince developing countries they can improve their economic results while respecting the environment. If this is to be, money must be put on the table. If we follow this very sensible argument the World Bank must become the planet environment bank. This is a concrete proposal which, if carried out, would involve all countries around the world in the fight against CO2 emission. Developing countries would have the means to be environmentally better if developed countries funded the operation. The intention is excellent. We only have to act.

lundi 12 novembre 2007

Consumérisme international.

Les consommateurs européens achèteraient plus volontiers que les Américains des produits "verts" (bio, éthiques, socialement responsables, durables, etc). C'est du moins ce qui ressortirait après une étude menée auprès de 16.000 personnes dans huit pays...européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni). Je suis toujours prudent à la lecture de telles études. Non que je mette en cause leur sérieux, mais parce que les déclarations d'intention ne sont pas toujours en parfaite adéquation avec les comportements. Et puis, ce n'est pas la "compétition" intercontinentale qui nous intéresse, mais la nécessité d'améliorer notre consommation sur l'ensemble de la planète. Au fond, le nouveau manifeste consiste à proclamer: "consommateurs de tous les pays, unissez vous!". Ce n'est pas l'Américain Al Gore qui s'opposera à cette internationale consumériste.


International Consumption

European consumers buy more “green” products (bio, ethical, socially responsible, long lasting, etc.) than the Americans. That is anyway what comes out of a survey carried out with 16 000 people in eight countries… in Europe (Germany, Spain, France, Italy, The Netherlands, Portugal and The United Kingdom). I am always careful when reading such a survey. Not that I doubt their reliability, but because what intentions people have does not always match the way they behave. Furthermore it is not intercontinental “competition” we are concerned with but the need to improve our consumption all over the planet. In fact, the new manifesto just proclaims: “consumers of all countries unite!” The American Al Gore is certainly not going to be opposed to this consumerist Internationale.