jeudi 24 janvier 2008

OMC contre OGM

Les organismes génétiquements modifiés (OGM) risquent de provoquer une nouvelle bataille commerciale entre l'Europe et les Etats-Unis. Dans le cadre de l'organisation mondiale du commerce (OMC) l'Union Européenne avait perdu le "panel OGM" (arbitrage) et devait adapter sa législation en conséquence, dans un délai "raisonnable", pour donner satisfaction aux Etats-Unis où fleurissent les cultures génétiquement modifiées. Estimant que les choses trainent, les Américains vont - paraît-il - demander l'application de l'article 22.2 du Réglements des Différends de l'OMC. Cela signifie la vérification des mesures prises en Europe. Si celles-ci ne sont pas conformes aux conclusions du "panel OGM", les Etats-Unis pourront user de rétorsions à l'égard de l'Union Européenne, à la hauteur du préjudice qui sera estimé (on parle de 400 à 800 millions de dollars). Une nouvelle fois la preuve serait ainsi faite qu'il est difficile de séparer, dans le cadre des négociations internationales, la libéralisation des échanges et les préoccupations environnementales qui varient selon les pays. Si les Américains du nord et du sud cultivent des OGM, les Européens se montrent fortement réticents. La question n'est pas de trancher dans ce débat mais de faire remarquer, aux uns et aux autres, que celui-ci ne peut se limiter aux fontières des Etats. Le réchauffement climatique est aujourd'hui considéré à l'échelle planétaire. Qu'en sera-t-il des OGM?

lundi 14 janvier 2008

Lobbying

La responsabilité sociale des entreprises a perdu un adepte: l'économiste américain Robert Reich. Il en était un ardent partisan dans les années 1990 mais aujourd'hui il n'y croit plus, constatant que l'envolée des performances financières s'accompagne d'un accroissement des inégalités. Est-ce parce que nous sommes passés du capitalisme au supercapitalisme? C'est effectivement l'explication qu'il donne dans son dernier livre: "Supercapitalism: The Transformation of Business, Democracy and Everyday Life". Pour lui, la concurrence acharnée qui prévaut désormais dans le monde est incompatible avec la RSE. D'autant que les lobbies économiques, de plus en plus puissants, dominent à présent le processus politique et s'avèrent ennemis de la Démocratie. Qu'on partage cette analyse ou qu'on la juge exagérément pessimiste, elle mérite une réaction. La plus appropriée me semble être le renforcement du lobby...de la RSE. C'est le seul dont Robert Reich puisse se féliciter.


Corporate social responsibility has lost a follower: the American economist Robert Reich. He was a strong advocate of CRS in the 1990s but does not believe in it any longer as he sees that as financial results soar, inequalities increase. Is that because we have gone from capitalism to supercapitalism? It is the explanation he gives in his latest book: “Supercapitalism: The transformation of Business, Democracy and Everyday Life”. To his mind, fierce competition, which prevails nowadays in the world, is incompatible with CSR. All the more so that economic lobbies, which are increasingly powerful, now dominate the political process and turn out to be against Democracy. Whether we share this analysis or find it too pessimistic, it deserves a reaction. It seems to me the most appropriate one is to strengthen the …. CSR lobby. It is the only one Robert Reich can be proud of.