C'est une évidence: la flambée des cours mondiaux affame encore un peu plus les populations déshéritées de la planète. Le Programme alimentaire mondial (PAM) réclame en conséquence un demi-milliard de dollars supplémentaire pour y faire face. Sinon, il n'y aura pas d'autre alternative que "de nourrir moins de gens ou de réduire les portions alimentaires". Il faut répondre à une telle urgence, bien sûr, mais cette situation dramatique met paradoxalement en évidence les limites, les carences, les échecs d'une politique d'aide alimentaire qui fait dépendre la subsistance des pays pauvres du bon vouloir des pays riches. Cette "charité" ne parvient même pas à satisfaire les besoins immédiats. Certains pays autrefois sous-alimentés ont montré qu'il était possible de s'en sortir. D'autres restent littéralement sur leur faim. Depuis le temps qu'on le dit, comment se fait-il que les nantis n'aient pas réussi à mobiliser suffisamment de moyens - financiers, humains, scientifiques - pour doter les régions sinistrées du globe d'une agriculture permettant à tous les peuples de se nourrir? C'est la réponse que l'on attend encore des pays développés et des grandes organisations internationales. D'ici là, il faut évidemment continuer à donner à ceux qui n'ont pas de quoi manger. Mais que cela ne suffise surtout pas à apaiser nos consciences!