Tous contre la faim
Par Philippe Vasseur, lundi 14 avril 2008 à 15:50 :: General :: #45 :: rss
La catastrophe est là et nul n'ignore désormais les drames provoqués par la flambée des prix agricoles. Selon le Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l'ONU, quand les prix augmentent de 1% il ya 16 millions de personnes de plus en situation d'insécurité alimentaire dans le monde.
J'ai en mémoire le Sommet mondial de l'alimentation organisé à Rome par la FAO il y a une douzaine d'années et auquel j'avais participé pour la France. De belles paroles avaient été prononcées, de nobles objectifs avaient été fixés: il s'agissait de diminuer de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde à l'horizon 2015. Il y en avait 850 millions. Il y en a aujourd'hui davantage. Et selon le FIDA "1,2 milliards d'êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici à 2025". Il ne faut pas raconter d'histoire: cette crise alimentaire mondiale était prévisible et les avertissements se sont multipliés au cours des dernières années. Cela en dit long sur l'efficience de nos organisations internationales. La FAO fait ce qu'elle peut, mais il vaut mieux juger son action à l'aune des intentions plutôt qu'à la mesure des résultats. Le FMI a naguère semblé plus préoccupé des équilibres financiers que des problèmes de la population dans les pays en développement, encourageant ceux-ci à produire des matières premières exportables (coton ou cacao par exemple) au détriment des besoins alimentaires locaux. Quant à la Banque Mondiale, elle vient de reconnaître qu'il faut donner la priorité à l'agriculture dans les pays les moins avancés. Mieux vaut tard que jamais, mais ses experts auraient pu s'en apercevoir avant! N'accablons pas nos institutions internationales. Nous avons besoin d'elles pour relever ce défi vital de l'alimentation.Quelles que soient leurs faiblesses et leurs limites, elles sont indispensables. Mobilisons-nous pour les aider à progresser. Mais allons plus loin. Que tous les acteurs économiques concernés s'impliquent dans ce qui s'annonce comme la grande cause mondiale de ce siècle: permettre à chaque être humain de se nourrir où qu'il se trouve. Aux organisations internationales les grandes politiques, aux acteurs économiques les pratiques quotidiennes. A chacun son rôle, à chacun sa responsabilité. Voilà la mobilisation générale qu'appelle cette guerre contre la faim.
Philippe VASSEUR, Président actuel d’Alliances a une triple expérience des responsabilités exercées :
Commentaires
1. Le lundi 21 avril 2008 à 11:17, par non defini
2. Le mercredi 14 mai 2008 à 16:07, par Pagnien Philippe
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