En accusant l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture d'être "un gouffre d'argent largement dépensé en fonctionnement pour très peu d'opérations efficaces sur le terrain", Abdoulaye Wade a frappé fort. Très fort. Il a même menacé de saisir la justice, faisanr état de commissions prélevées - selon lui abusivement - sur des aides transitant par la FAO. Le Secrétaire Général de l'ONU, Ban Ki Moon, a pris la défense de la FAO - c'est bien le moins qu'on pouvait attendre de sa part - tout en déclarant comprendre les accusations d'Abdoulaye Wade. Bref, au moment où les missions de lutte contre la faim sur la planète s'avèrent cruciales, cette polémique fait désordre. Elle pose en tout cas un problème: la FAO se plaint, à juste titre, de manquer de moyens; elle ne peut éluder la question de savoir si les moyens dont elle dispose sont bien utilisés. Ce n'est pas lui faire injure que de s'interroger sur ce point. C'est précisément parce que la crise dans le monde prend une tournure dramatique qu'il faut se préoccuper d'urgence de rendre plus efficaces les organisations internationales.