Il faut, bien sûr, s'en réjouir. Mais à y regarder de près les motifs de déception ne manquent pas. Ils ont d'ailleurs été relevés par les ONG et par certains représentants de pays non membres du G8. Le ministre sud-africain de l'Environnement, par exemple, a assimilé l'accord à "un slogan vide de sens et sans substance". Le verre serait-il à moitié plein? Ou à moitié vide? Il est à moitié plein de bonnes intentions. C'est promis, les pays du G8 (rappelons que la Chine et l'Inde n'en font pas partie) diminueront de 50% leurs émissions de CO2 à l'horizon 2050. Mais il est encore vide de beaucoup d'engagements. L'année de référence à partir de laquelle sera calculée la réduction reste à déterminer, mais ce qui fait surtout défaut, c'est un échéancier fixant des objectifs précis à court et moyen terme. Quelles sont les étapes prévues d'ici le milieu du siècle? Quels sont les pourcentages de réduction envisagés pour 2010, 2015, 2020...avant de parvenir aux 50% de 2050? C'est quand même loin 2050 et les participants au G8 de Toyako ont fort peu de chances d'être toujours en fonction à ce moment-là. Autrement dit, ils n'auront pas de comptes à rendre sur l'exécution de leurs promesses. C'est prudent de leur part quand on constate comment ont été - ou plutôt n'ont pas été - appliquées les grandes décisions internationales sur l'aide à l'Afrique ou la lutte contre la faim. Belles déclarations, piètres résultats. Franchement, les peuples des pays développés sont en droit d'attendre davantage des dirigeants qu'ils se sont démocratiquement choisis.