Il est vrai qu'à l'époque les cours flambaient sur les marchés des matières premières agricoles et que même les habitants des pays les plus nantis s'inquiétaient de devoir payer leur alimentation plus cher. Depuis, il y a eu un repli et l'attention manifestée aux populations souffrant de malnutrition semble être retombée d'autant. Cependant, la tendance de fond n'en reste pas moins à un prix élevé des matières premières agricoles. Faudra-t-il donc attendre une nouvelle flambée des cours pour se rappeler la situation dramatiques dans laquelle se trouvent plus de 850 millions d'êtres humains? La faim dans le monde est une réalité inacceptable et scandaleuse. Mais le scandale réside aussi dans notre capacité à passer d'un emballement médiatique à un autre, dans notre résignation au silence et dans notre faculté d'oubli. Oubli temporaire? Sans doute, mais ceux qui ont faim ne peuvent pas attendre que la mémoire nous revienne.